Revenue sur 20six, à la fois par hasard et par envie. Je n'ai pu que les voir se rappeler à moi, ces mots d'avant.
Ces mots Camille, Guillaume, Rimbaud, Voltaire. Ces mots de la moi dont je rêvais, les maux de celle qui rêvait. Ces mots sur un blog qui... peut-être. Je me rappelle de mon coeur crevé quand il
avait disparu ce blog avec ma tête et mon ventre dedans. Ce blog qui.
Je me rappelle. Grandir, c'est mourir un peu.
Il faut croire qu'en grandissant, je suis peut-être un peu morte, quelque part. Ailleurs.
Mais rien. Rien de rien, n'aurait pu me laisser présager que.
Guillaume est parti. J'ai pleuré.
Camille est partie. J'ai hurlé.
Et puis le reste. L'été, le journal, la terminale, la philosophie, Nathalie, le thé au caramel, Edouard, Miss Théo, les gaufres, le Destin de Lisa, les larmes de maman, le manque d'envie, la
routine, la mort.
Il est à la fois tôt et tard, il est une de ces heures qui n'appartiennent qu'à la nuit et se défendent d'être du soir ou du matin.
Je crois n'avoir jamais tant aimé, pleuré, ou hurlé. Souffert aussi, mais ainsi va la vie tout est désormais flouté, encadré, exposé dans les recoins incertains de ma mémoire. Idiote.
Le temps. Ignominie, oui.
Le temps m'a coupé d'elle, de mes rêves et des mots. Il m'a coupé de moi, aussi, impunément.
Je relis cette idiote qui vibrait à n'en plus finir, et je suis quelque part fière, d'avoir été comme elle, ou tout simplement elle, un jour, des nuits aussi, surtout. Il y a des semaines et des
mots, quand je me battais [encore] contre l'intransigeance la réalité.
J'ai quelques peines à me souvenir de mes rêves, peut-être que...
Je suis comme à l'étroit, ici.
Je trône sur une pile de pièces de théâtre classique, m'improvise le Cid à la recherche d'Antigone.
Si tu savais.
Comme je m'en veux de m'être éloignée, tant et si MAL.
Toujours est-il que.
ce n'est pas toi, Clara, qui aurait mal évolué, c'est plutôt 20six (même si j'y reste fidèle...).
Et puis, même les meilleurs génies (dont justement Rimbaud...) sont parfois, eux aussi, confrontés à des périodes de monotonie ; ce qui les distingue du commun, c'est de mettre alors en place les moyens pour sortir de la routine et les moyens pour sortir de la nostalgie.
Quelles que soient les divergences d'opinion que j'ai eu parfois avec toi, Clara, il me semble évident que tu as les moyens de te créer un avenir bien moins monotone que celui de la moyenne de tes contemporains...
Commentaire n°1
posté par
Jef (20six)
le 12/07/2007 à 10h00
c'est beau et poignant ce que tu écris.
Ca parle même si ca ne concerne pas. Ca s'appliquerais à milles choses.
Tu es douée, petite.
Je t'embrasse.
Commentaire n°2
posté par
camille des iles
le 12/07/2007 à 20h02
normal...
je sais, ça fait vieux con de dire ça, mais "tu verras quand..."
etc...
c'est toujours ça quand on se retourne sur soi; une vague honte d'avoir été ça
et une énorme fierté aussi...
et puis l'étonnement du changement
le soulagement du changement
et finalement, le constat, simple.
Re bienvenue ici
Commentaire n°3
posté par
sag
le 12/07/2007 à 21h31
J'aurai passé comme d'habitude un excellent moment à vous lire. Vous avez une façon de vous raconter que je ne lis nulle part ailleurs - moi qui lit pourtant beaucoup !
Je crois toujours un peu plus que vous devriez publier. Vous avez beaucoup plus de talent que les fades auteurs que je lis depuis un trop long moment...
Bien à vous,
Sylvain Rodrigue.